Echec définitif des politiques

Publié le par Michel David

J'ai déjà pas mal glosé là dessus et annoncé clairement ce qu'étaient mes convictions, si j'osais dire, mon corpus idéologique.
Mais j'ai tellement l'impression d'une régression forcenée des politiques, mais aussi d'un consensus pour que tout régresse que je ne peux m'empêcher d'y revenir.

Au fond, je crois que tout le monde vit encore  ( en Europe au moins ) dans une croyance idéologique de type soviétique.

Je suis frappé, devant presque n'importe quel événement, de l'erreur d'analyse.
Quelques exemples. Renault ( ou Michelin, entreprise privée - les pires, comme chacun sait!) gagne de l'argent en bourse, verse éventuellement des dividendes et ferme des usines. Que tout un chacun ne comprenne pas qu'il n'y a pas forcément contradiction ( et on ne me suspectera pas d'être le suppôt du grand capital, comme disait le PC du temps de sa splendeur) est signe d'une croyance que ces entreprises sont tenues exclusivement au plein emploi soviétique.

Lors d'une manifestation pour la défense de Méric, entendu: "s'il n'y avait pas toute cette misère". Quelle erreur mélenchoniste. La Suède égalitaire vient de connaître des révoltes urbaines: ça n'interpelle pas?

Quant aux politiques - et il n'y a aucune différence entre Sarkozy, Hollande et son successeur, parce que c'est la structure pyramidale du pouvoir qui est en cause! -, ils sont "désarmants" de naïveté.

Ou ils croient faire de très grandes réformes ( exemple des retraites qui ont été une grande affaire de Fillon et qui est à refaire en ces temps, et qui sera à refaire dans 4 ou 5 ans), ou ils répondent à l'instant, à l'urgence ( qui n'en est jamais une) imposée par le flux des images. Pourquoi une conférence télévisuelle devrait elle s'ouvrir par des pleurs sur l'accident de Brétigny? 

Faire des réformes à vingt ans est parfaitement inutile. Dangereux même, parce qu'on n'est pas sûr du résultat, mais surtout parce qu'il ne se voit pas tout de suite.

Et si jamais on envisage désormais de faire quelque chose, c'est voué à l'échec: un ministre de l'Education nationale disant que ce qu'il doit faire est au service de l'enfant (une évidence sournoisement contrebattue par les enseignants et les parents - c'est-à-dire par une société bloquée) et qui doit se contenter d'une mesurette sur la semaine de quatre jours ( avec fric pour les collectivités locales!).

Que dire des milliards de la formation professionnelle qui ne servent en rien aux chômeurs ( alors que tout le monde pleurniche sur leur nombre insensé), mais servent de redistribution au profit des syndicats ( patronaux et ouvriers unis sur ce coup là)?

Tout celà relève donc de l'immobilisme et du conservatisme le plus absolu; et je le dis soviétique parce qu' il verse dans l'égalitarisme. Tout le monde semble persuadé qu'une société doit être égalitaire. Mais égalitaire entendu au sens de chacun dans son clapier avec les mêmes avantages acquis. Et - paradoxe? - cet immobilisme soviétique n'empêche aucunement les puissants de contourner les règles.

La destruction de l'idée communiste à la fin du XXeme siècle a amené un désespoir idéologique, sur lequel le capitalisme le plus insolent triomphe.

Et l'Europe est la quintessence des petits intérêts politiciens, chacun tirant à hue et à dia. L'abandon du nucléaire par Angela Merkel est un coup de maître à cet égard, mais c'est très exactement ce que sont maintenant tous les politiques, des hommes (et femmes) sans foi ni loi, d'un pur opportunisme. Ce qui est d'ailleurs assez marrant (ou sinistre), c'est qu'on est sûr de rater le train de l'histoire.

Mais reconnaissons que si les politiques et les medias sont comme cela, c'est que, même si certains savent qu'ils dansent sur un volcan, ils se font réélire la plupart du temps. Et ils en reçoivent l'onction ( parce que c'est bien religieux chez eux) et ils se disent ( ce qui est statistiquement vrai) que le risque qu'une révolution les pende par les pieds est faible.

Et, même s'il y a de moins en moins de votants à chaque élection, il y en a encore... Donc à Dieu vat...

L'avenir est donc si sombre?
Non bien sûr. Je reconnais que ( mon grand âge!) j'ai parfois du mal à comprendre les modèles dominants de la jeunesse d'aujourd'hui. J'ai du mal  à analyser son individualisme forcené  et qu'elle se retrouve souvent dans de grandes messes ne signifie pas qu'il y ait solidarité - mais parfois simplement compassion.

Mais je suis sûr que la dépolitisation n'est qu'apparente. Simplement, l'offre actuelle est tellement nulle, le contenu idéologique tellement inexistant, qu'on ne voit pas ce qui pourrait les faire adhérer.

Peut-être ne savent ils pas ( empêtrés dans leurs problèmes personnels et victimes de l'extrême parcellisation de tous les segments de la société et de la vie quotidienne) qu'ils sont une force. Mais les forces se sont toujours mises en mouvement de manière inopinée.

Et elles se mettront en mouvement.

Et, contrairement à ceux qui croient que la révolution s'attend ( comme le métro), le mouvement se met en marche sans crier gare.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article