31 août 2 009/ 31 août 2 013; clap de fin

Publié le par Michel David

J'ai décidé il y a déjà plus de six mois d'arrêter l'écriture de ce blog.

A vrai dire, ce n'est qu'il y a deux jours que je me suis rendu compte que ce jour où j'écris ce clap de fin est, jour pour jour, quatre ans après le premier numéro de ce blog, dont je disais dès le début que je ne savais pas si et combien de temps je tiendrai le rythme.

Décider d'arrêter n'est pas du tout une question de lassitude. J'ai écrit bien avant 2 009 - et de moult manières -; et je continuerai demain. Ne seraient ce que les débats professionnels, qui sont plus vifs encore ces jours ci qu'il y a quelques années, et dans lesquels mon militantisme me fait plonger avec amours, délices et sans orgues.

Ce n'est même pas non plus la situation de la société que je dirige qui me fait prendre cette décision, même si elle y contribue. C'est vrai que je ressens durement, dans ce métier de passion, des attentes trop longues et parfois angoissantes (pour moi et mon "entourage"). Avoir pris il y a dix huit mois la décision de moins produire en attendant que des projets mieux financés ( mais tout aussi ambitieux qu'avant) puissent se réaliser et de réorienter l'activité de Zeugma vers la distribution, dont je savais pourtant pertinemment que c' est une activité où il faut montrer pendant plusieurs années de la constance ( et le succès de "5 caméras brisées" ne suffit pas) était ambitieux et, après avoir un peu désespéré, j'arrête ce blog quelques jours après que des perspectives nouvelles s'ouvrent.

Je ne souhaite pas ici faire un bilan professionnel; mais j'ai besoin de me lancer quelques fleurs. Je crois que je sais transmettre (même si je ne le réussis pas capitalistiquement). Je crois que se sont fédérés autour de Zeugma un certain nombre d'auteurs qui considèrent un peu Zeugma comme leur maison; j'aurais aimé que les collaborateurs la considèrent ainsi.

J'ai participé à Lussas la semaine dernière, comme "lecteur" à des rencontres avec des jeunes producteurs et des jeunes auteurs; et je suis fier et heureux que nombre d'entre eux aient dit que, parmi les douze lecteurs, deux, dont moi, leur ont beaucoup apporté, leur ont donné confiance.

Fin du panégyrique.

Et j'en reviens à ma décision annoncée au début.

Il y a six mois, je m'étais dit: puisque, dans ce blog, j'ai décidé de "tout" dire ( je sais l'absurde de ce tout), je terminerai par deux blogs où je raconterai les deux amours de ma vie, L. et mon malheur de n'avoir jamais retrouvé la sérénité avec mes quatre enfants, même si le contact est renoué avec deux d'entre eux, et C. dont je suis séparé depuis plus longtemps maintenant que ce blog.

Et puis le trouble que m'ont valu les derniers événements à Zeugma me font brusquer les choses.

Alors pourquoi j'arrête?

Le chirurgien qui m'a opéré de mon cancer de la prostate, que je ne vois que peu, mais avec lequel je partage beaucoup ( il y a une question de vie et de mort entre nous) m'a dit ( en substance): Vous avez de la chance; si je devais écrire, je n'aurais qu'un seul sujet, la chirurgie, vous, au moins, vous en avez trois, le cinéma, la politique et votre vie personnelle.

Mais trois sujets, même si c'est peut-être mieux qu'un ( mais je doute de ce qu'il dit - c'est sûrement de la coquetterie), ce n'est quand même que trois. Et je crois que je me répète.

Non pas évidemment que je renie un mot, une ligne de ce que j'ai écrit en quatre ans, je suis persuadé que cela reflète ce que je pense. Pour autant, je ne veux pas devenir un chroniqueur, me saisissant de sujets d'actualité pour les faire réagir à ma sauce. Je deviendrais ainsi journaliste. je crois très sincèrement ne pas l'être, mais je ne veux en aucune manière tomber dans ce travers là.

Alors, il vaut mieux arrêter, se dire que cet exercice auquel je me suis contraint ( avec un immense plaisir) à peu près tous les quinze jours pendant quatre ans doit désormais prendre une autre forme, même si je ne sais pas aujourd'hui laquelle.

Et merci mille fois à tous ceux qui m'ont lu, dont j'ai eu parfois des échos, parfois non - mais les ondes se transmettent toujours.

Je garde l'espoir chevillé au corps et à l'âme. Toujours. Toujours.

A bientôt.

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Luc Vernier 17/06/2014 06:54

Bonjour Monsieur Michel David,

Si c'est bien vous à qui j'écris nous nous sommes rencontrés sur V.d'ascq près de la Société Gary Mécanique de Précision, il y a 15/20 ans !
Je cherche à prendre contact avec vous pour vous parler d'un projet. Merci de me contacter en privé. Luc